Le BPO qui représente 12% du marché de l’outsourcing en France fait encore pale figure si nous le comparons à ses voisins européens. Cependant, cette tendance pourrait bien commencer à s’inverser en 2013. Pierre Audoin Consultants estime ce segment à près de 1,3 milliards d’euros en France en 2013, avec une croissance attendue de 4,4% pour 2013 (versus 8,6% en Europe). Nous observons que les fournisseurs traditionnels de prestations de BPO (IBM, Atos, Wipro…) intègrent de plus en plus dans leurs offres des prestations de BPaaS (Business Process as a Service). A la différence du BPO, le BPaaS autorise la mutualisation, entre différents clients, des ressources nécessaires à l’externalisation de tout ou partie de leurs processus métiers. A titre d’exemple, Accenture qui s’appuie sur ses ressources BPO transforme son modèle et propose désormais une offre structurée et solide de BPaaS, qui sera déclinée par secteurs verticaux en 2013. Nous pouvons donc légitimement nous demander si finalement le BPaaS n’est pas l’avenir du BPO en France.

Il est vrai que le BPaaS présente des intérêts certains pour les prestataires : développer des synergies avec leurs propres briques Cloud (IaaS et SaaS particulièrement), assurer des revenus récurrents, proposer des offres de processus métiers exhaustives répondant mieux aux besoins opérationnels des utilisateurs, ou encore accéder à de nouveaux marchés. Par ailleurs, le BPaaS répond également aux enjeux des utilisateurs et notamment celui des réductions des coûts (comme le BPO classique) en passant d’une logique d’un modèle CAPEX vers un modèle OPEX, en employant des plateformes moins onéreuses puisque basées sur des technologies Cloud, et en rémunérant les prestataires en fonction de leur consommation. De plus, l’engagement des prestataires sur les résultats soutient l’activité, et l’accès au service via des technologies basées sur le Cloud apporte de la souplesse aux utilisateurs en terme de mobilité et de réactivité, générateurs à termes de gains de performance.

Tous les ingrédients semblent réunis pour observer en 2013 le décollage des offres de BPaaS. Pour autant, le BPaaS supplantera-t-il totalement le BPO ? Rien n’est moins sûr, notamment car la dimension des entreprises concernées est un facteur déterminant. Jusqu’ici le BPO était plutôt l’apanage des très grandes sociétés (plus de 2000 salariés) qui représentaient en 2012 près de 50% des revenus du marché BPO en France. Or le développement du BPaaS pourrait se porter en 2013 davantage vers les grands comptes ou les moyennes entreprises, laissant encore suffisamment d’espace au BPO pour poursuivre son développement.

A mon sens, 2013 sera une année charnière pour le BPO et le BPaaS en France. En témoigne déjà le repositionnement d’acteurs comme Accenture qui signe l’évolution nécessaire des relations entre utilisateurs et prestataire IT. Celles-ci devront à l’avenir être construites comme des relations de partenariats afin de mieux appréhender les enjeux des utilisateurs et de soutenir leur activité.

Post by Aurore Goncalves